Le musée
Ingres est installé dans l'ancien palais
des évêques de Montauban, bâti
sur les fortifications médiévales.
A partir de 1361, alors que Montauban était
propriété de l'Angleterre en
conséquence du traité de Brétigny,
une forteresse fut commencée à
cet emplacement pour le service du prince
de Galles Edouard, le Prince Noir. Laissée
inachevée au départ des Anglais
en 1369, elle devint au début du XVIe
siècle le repaire des prostituées
et des brigands, puis une décharge
publique. Au début des guerres de Religion,
il fut question de remblayer une partie du
monument pour établir un terre-plein
destiné à recevoir de l'artillerie.
Ce projet, abandonné en cours de réalisation,
fut mené à bien en 1621 afin
de soutenir le siège mis par Louis
XIII sous les murs de la ville.
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En 1652, le nouvel
évêque et seigneur de Montauban,
Pierre de Bertier, promoteur de la reconquête
catholique, songea à faire bâtir
un palais épiscopal digne de son
rang. Il voulait à tout prix que
cet édifice marque sa puissance et
celle du roi en s'imposant aux yeux des
protestants. Bertier choisit donc l'emplacement
le plus symbolique : l'entrée de
la ville auprès du pont, sur ces
ruines qui avaient porté les canons
huguenots et servi à la résistance
contre le pouvoir royal. Dès 1663,
l'évêque faisait commencer
les travaux par l'architecte et ingénieur
du roi pour le Languedoc, Bernard Campmartin.
Etabli sur le modèle
de l'hôtel particulier au plan en
"U", mais porté à
la dimension d'un véritable château
cantonné de pavillons, le palais
est posé sur la grande salle dite
"du Prince Noir", datant du XIVe
siècle. Il était presque terminé
en 1674 lorsque l'évêque fut
victime d'un accident mortel. Seule restait
à construire l'aile de la chapelle,
au nord. Le chantier fut repris en 1679
par Mgr de Colbert et achevé l'année
suivante. En 1791, la municipalité
acheta le bâtiment aux enchères
et en fit l'hôtel de ville, fonction
qu'il conserva jusqu'en 1909.
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